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Tout au long de la
fabrication, mes actions se concentrent autour de trois grands axes, soit
la conception de modèles originaux, le respect des prédispositions
acoustiques et mécaniques du bois, ainsi que la qualité de la finition des
instruments.
Le dessin d’un modèle
original illustre la conception que j’ai de la guitare, alors que je fonds
en quelques traits ma vision personnelle de l’esthétique avec mes idéaux
sonores. Par cet exercice, j’empreins ma facture d’un caractère distinctif
qui constitue la signature de mes instruments.
Les techniques de
travail préconisées sont puisées autant dans l’héritage de la facture
traditionnelle européenne qu’à travers les nouvelles avenues
contemporaines. Certaines guitares présentent des voûtes issues des
principes de fabrication du violon, tandis que d’autres sont assemblées
suivant les barèmes suggérés par la facture classique de guitares. Mes
instruments sont pour la plupart dotés d’un système de barrage radiant
élaboré selon une approche authentique, ce qui colore la sonorité de la
guitare.
Dans le souci de
produire des instruments d’une performance acoustique accrue, je
sélectionne mes pièces en fonction du relevé de la densité et de
l’élasticité (force mécanique) des essences de bois. De cette manière, je
parviens à dresser un portrait juste de chaque pièce et peux ensuite
adapter mes interventions aux propriétés mécaniques et acoustiques du
bois. À divers stades de la fabrication, je note avec précision la
flexibilité et la masse des composantes maîtresses de la guitare, ce qui
me permet de viser un comportement acoustique optimal, ainsi que de
compiler des données sur mes instruments. Toutefois, bien que cette
procédure scientifique soit déterminante sur le plan de l’efficacité
sonore de la guitare, la sensibilité du luthier influence grandement la
qualité du produit obtenu. Ainsi, on peut déceler une similitude dans le
caractère sonore des instruments, mais chaque guitare possède un timbre
bien à elle.

Enfin, le fini rehausse
l’ouvrage en accentuant les plus grands attraits du bois et en illuminant
ses dessins. Celui que j’ai adopté provient d’un mariage entre des
principes ancestraux de vernissage à l’huile et des techniques de finition
à l’huile autant traditionnelles que contemporaines. J’applique parfois
une légère teinte afin d’obtenir une texture et des dessins du bois plus
prononcés. Je parachève habituellement le fini à l’aide d’une fine couche
de poli français qui donne à la pellicule d’huile une brillance, en plus
de la douer d’une certaine résistance. Ce traitement est d’autant plus
intéressant du fait qu’il procure un contact agréable avec la guitare,
tout en laissant deviner la chaleur du matériau.
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